Ca y est, c'est fini
Publié le 21 Avril 2013
Il faut se rendre à l'évidence, l'héliski passé, le voyage a une odeur de fin.
Ayant un peu d'avance sur notre planning, nous avons décidé de prendre la direction de Fairbanks pour aller toujours plus au nord. L'objectif, est dans un premier temps d'aller trouver des belles aurores boréales, mais également de visiter la maison du père Noël. Car oui, le père Noël américain, n'habite pas en Laponie, mais à North Pole en Alaska. Pour être plus précis, c'est la crise, le logement devient cher, et du coup la père noël est comme tout le monde, il habite en banlieue. Celle de Fairbanks.
Pour faire simple, la ville majeure la plus septentrionale de l'Alaska ressemble à la zone industrielle de Lille pendant un dimanche de Novembre pluvieux. En d'autres termes, c'est « mochissime ». Le temps très couvert ne nous a pas permis d'observer d'aurore boréales malgré les bonnes probabilités dues à la forte activité solaire. La maison du Père Noël est en fait un shop de souvenirs plus kitchs les uns que les autres. Choux blanc donc.
Nous avons repris la route en direction d'Anchorage, notre destination finale. Sur le chemin nous sommes passés devant le Mont McKinley, point culminant du continent Nord Américain, mais l'épaisse couche nuageuse ne nous a pas laissé la possibilité de le voir clairement. On peut donc dire qu'on a probablement vu le Mont McKinley. On s'est consolé plusieurs kilomètres plus tard en tombant nez à nez avec une mère orignal et son petit. Cette fois ci, j'ai eu suffisamment de temps pour prendre de belles photos du colosse.
Cela faisait plus d'un mois, avec notre départ de Vancouver, que nous n'avions pas mis de pied dans une grande ville. Le retour dans l'effervescence urbaine est brutal pour tous les trois.
Le premier jour, jeudi, nous sommes allés skier à Alyeska, une des rares stations de ski de l'Etat d'Alaska. Le prix est raisonnable et le domaine est plutôt sympa. Les pistes sont impeccables, mais étant donné qu'il n'y a pas eu de chutes de neiges depuis plus d'une semaine, le domaine hors pistes n'est plus agréable. Le soleil qui tape fort, la neige qui commence à fondre en bas de station et les panneaux nous recommandant d'être vigilant avec le réveil des ours, commence à nous faire accepter l'arrivée du printemps. Nous rangeons nos skis, nous ne les ressortirons plus du voyage.
Le lendemain, nous prenons la direction de Seward, située plus au sud sur la péninsule de Kenai. Le fjord dans lequel la ville est située est connu pour abriter une faune maritime très riche. Nous avons fait une excursion en bateau à travers la baie pour pouvoir observer cette diversité. Dès la sortie du port, nous croisons une loutre et plusieurs oiseaux avant de se faire accompagner par des dauphins noirs et blancs. Plus nous nous avançons vers l'embouchure du fjord, plus les décors sont spectaculaires. Nous rencontrons quelques phoques, puis nous apercevons au loin le Bear Glacier, une énorme langue de glace bleue se jetant dans la mer.
Et enfin, en sortie de fjord, nous les trouvons : les baleines. Elles sont là, aux pieds de gros ilots de pierre recouverts d'oiseaux. Nous avons la chance de voir des baleines grises, ainsi que des baleines à bosses. Ces animaux sont énormes et paisibles à la fois. Après quelques respirations, elles plongent et disparaissent aussi rapidement qu'elles sont apparues. Sur le chemin nous ramenant au port, nous croisons quelques Chèvres des montagnes, des lions de mer et plein d'oiseaux.
Nous sommes samedi. C'est bientôt le moment des au revoir. De notre côté, nous commençons à trier et sortir nos affaires de la Nicomobile. Nico, quant à lui commence à préparer son trajet de retour. Alors que Seb et moi reprenons l'avion mercredi soir prochain, Nico reprendra la route en direction du Québec où il réside, dès lundi matin.
Mais avant de conclure cette aventure, nous avons décidé de faire une dernière petite chose ensemble. Certains l'ont peux être remarqué, mais nous nous sommes un peu laissé aller sur nos barbes. Pour être tout à fait honnête, je dis « nous », mais en réalité, c'est surtout moi qui ai reçu quelques commentaires désobligeants. Nous avons donc décidé de tous les trois partager un intime moment chez un barbier. Pour Seb et Nico, ce sera un raccourcissement, alors que j'ai opté pour le look Sean Connery. J'espère que vous apprécierez les photos.
Alors voilà, c'est la fin. Et je dois conclure ces trois mois de narrations en essayant de vous faire verser une petite larme. Pour nous, cela ne sera pas difficile, il nous reste des oignons au frigo.
Tout d'abord, ce voyage est celui d'une vie, et ce projet est celui de trois amis qui l'ont rêvé et imaginé sur la pelouse de l'université (pas pendant les cours, nous on écoutait toujours en cours). Il aura été encore mieux que nous l'avions imaginé, et nous repartons tous les trois chez nous avec des millions d'images, de sentiments et de souvenirs.
Je ne sais pas comment vous remerciez tous pour votre fidélité. Nous sommes heureux d'avoir pu faire ce que nous avons fait, et nous sommes heureux d'avoir pu partager avec vous ce que nous avons partagé. C'est parce que vous étiez là pour nous écouter, et continuer à nous lire, c'est parce que vous nous avez soutenu sur Ulule, que nous avons continué à vous abreuver de nos photos et de nos histoires. Merci.
Enfin, cette aventure a représenté beaucoup de sacrifices. Pour nous dans un premier temps, mais également et surtout pour Anne, Aurélie et Virginie. Pour avoir accepté. Merci.
Pour conclure sur la fin de cette aventure, je reprendrai les sages paroles de deux grands philosophes.
I can see what's happening,
And they don't have a clue,
They'll fall in love and here's the bottom line,
Our trio's down to two.
The sweet caress of twilight,
There's magic everywhere,
But in this romantic athmosphere,
Disaster is in the air.