I'm whistling in the rain
Publié le 19 Mars 2013
Whistler est la station qui a accueilli la majorité des épreuves de ski lors des Jeux Olympiques de Vancouver en 2010. Son nom est tiré de l'anglais « whistle », qui veut dire siffler, et son origine vient du son que font les marmottes l'été. Comme dans toutes les grandes stations d’Amérique du nord, le logement est hors de prix, c'est la raison pour laquelle nous avons décidé de nous établir à Squamish, une ville de 40 000 âmes, située au bord du « fjord » de Lion's Bay à 45 minutes des pistes.
Nous décidons d'établir notre camp de base à l'Oasis Hostel. Ivan, le tenancier, nous y accueille à bras ouverts, avec une sympathie déconcertante. Ce sosie de Sean Connery est un Canadien d'origine Hongroise. Il a passé sa jeunesse (jusqu'à 40 ans en fait) à enchainer études (psychologie et cinéma) et petits boulots (serveur et charpentier) entre Montréal, New York et Squamish, avant de s'installer à Taiwan pendant 20 ans pour y enseigner l'anglais. A la retraite, il a décidé de revenir au pays avec son épouse Taïwanaise Yulin, pour ouvrir une petite auberge et se consacrer aux nombreux projets qu'il a en tête (écrire, faire du bateau, etc.).
Le domaine de Whistler Blackcomb est immense et propose un superbe terrain de jeu hors piste. Seulement voilà, les températures sont en ce mois de mars supérieures aux normales saisonnières. La pluie ininterrompue sur Squamish provoque de grosses chutes de neige sur Whistler en début de matinée qui se transforme rapidement en pluie. La neige ressemble à de la fraiche, elle à l'apparence de la fraiche, mais ce n'est pas de la fraiche. En d'autres termes, c'est de la mélasse très instable. D'autant plus qu'avec ces précipitations la visibilité est réduite. Dès le premier virage à 10 m en dehors du balisage des pistes, Nico fait partir une coulée de neige en contrebas. Nous décidons donc de rester sur le domaine balisé. Après trois heures de ski sur des pistes massacrées par la pluie, trempés jusqu'au os, nous décidons de nous offrir un bon burger avant de rentrer.
Les prévisions météo semblent indiquer une accalmie pour la journée de vendredi. Nous décidons donc de patienter à Squamish pendant deux jours. Si la session piscine a été dominée par les arabesques et autres cabrioles artistiques de Nico, les sessions « Colons de Catane » a été dominée par Ju avec « que de la chance avec les dés » (et là je cite Nico et Seb). Nous avons également été voir Shannon Fall, l'impressionante cascade qui se jette au pied du « Big Chief », la falaise massive de Squamish.
Il y a des jours où le karma est juste mauvais. Il faut faire avec et passer à autre chose. Le vendredi semblait répondre à nos attentes, puisqu'à notre arrivée, Whistler était recouvert par une douce pélicule de fraiche et bercé par le soleil. Dès la première montée, nous restons bloqués un quart d'heure dans une cabine, puis la seconde remonté mécanique s’arrête quelques minutes devant notre nez. La première descente est un régal, mais ce sera à peu de choses près la seule de la journée. Dans un mauvais réflexe, Seb veut enlever l'humidité de son masque et le massacre en étalant l'anti-buée. La fixation de Ju (neuve de 3 mois) se casse à son ouverture. Elle tiendra pour le reste de la journée avec une réparation de fortune à base de « duct tape ». Et c'est à peu près au même moment que le brouillard revient sur Whistler pour le reste de la journée, rendant la lecture du relief quasi impossible. Dans une dernière tentative de hors-piste, Nico s'est mis une gauffre épique, encore une fois dans les sapins (à croire qu'il les aimes), où il s'est retrouvé en mode « cochon pendu » la tête en avant dans la neige, retenu par un ski bloqué par un conifère. Vers 15h, un peu ronchons et frustrés de ne pas avoir pu profiter d'une station sublime à cause de 5 jours de mauvaises conditions météo, nous décidons d’arrêter pour la journée.
Comme tous les soirs de la semaine, Ivan nous accueille chaleureusement avec un repas délicieux et des tonnes de choses à nous raconter. Nous repartons le lendemain après être allé prendre un café sur son voilier à la marina. Nous allons nous enfoncer un peu dans les terres, vers l'est, en espérant tomber sur des températures plus hivernales.